On n’a plus les steaks qu’on avait!

Par Lucie Octeau
Blogmestre

Nous avons choisi de ne pas vous partager de recette en ce « Lundi sans viande ». Non. Aujourd’hui, c’est plutôt un petit morceau de lecture que nous vous invitons à vous mettre sous la dent.

Tous ceux qui ne souhaitent pas réduire leur consommation de viande se baladent avec un argument béton dans leur poche : « ben voyons! mon grand-père a toujours mangé de la viande et il est mort à 98 ans ». Oui. C’est possible. Le mien avait commencé à fumer à 14 ans et a « écrasé » à 80. Puis il a vécu en pleine santé jusqu’à 93. Mais en 1920, la cigarette n’était pas ce qu’elle est devenue de nos jours. Sans prétendre que fumer était bon pour la santé, le produit avait sans doute l’avantage d’être plus « naturel » que maintenant. Idem pour la viande.

Loin des prés fleuris d’antan…

Dans un article paru samedi dans le New York Times, un article intitulé « When Food Kills » Nicholas D. Kristof dévoile quelques données pour le moins étonnantes, en ce qui concerne l’élevage aux États-Unis. On apprend dans son article que la Food and Drug Administration a récemment révélé que 80 % des antibiotiques utilisés aux États-Unis sont donnés aux animaux destinés à nourrir les hommes. Selon la F&DA, les antibiotiques sont systématiquement administrés dans l’eau et les aliments des animaux afin de les aider à grossir plus rapidement en évitant les nombreux risques de maladies liés à l’entassement des bêtes et parfois aux mauvaises conditions d’hygiène des lieux d’élevage.

Dans cet autre article paru sur Cyberpresse on lisait récemment que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) affirme que ces pratiques contribuent, de plus, à l’antibiorésistance chez l’humain ouvrant la voie à des risques accrus en cas de pandémie.

Une meilleure utilisation des ressources

Le mouvement « Lundi sans viande » explique l’importance de réduire globalement notre consommation de viande autant pour des raisons de santé que pour des raisons éthiques et environnementales. Voici des données intéressantes tirées de leur page « Pour l’environnement » (il y en a d’autres, n’hésitez pas à suivre le lien pour en savoir plus!) :

« Selon les auteurs du rapport « CO2, Kyoto et nous : un bilan carbone pour la ville », « Un hectare de terre peut produire annuellement 18 tonnes de légumes, 15 tonnes de pommes de terre ou 12 tonnes de fruits, mais seulement 400 à 500 kg de viande blanche, de lait ou d’œufs et pas plus de 33 kg de viande rouge. »*

L’éternelle gourmande que je suis ne peut s’empêcher de pencher pour les 18 tonnes de légumes. Présenté de cette façon, le calcul du gros bon sens semble évident.

Selon Statistiques Canada, la quantité de viande de volaille  était de 13,6 kg par personne en 2008 et à 23,3 kg pour la viande rouge. Si le mouvement Lundi sans viande peut aider à diminuer, ne serait-ce que de quelques kilos par année, la quantité de viande consommée, ça ne pourra pas nuire!

*Source : Changhui Peng, Sebastian Weissenberger. « CO2, Kyoto et nous : un bilan carbone pour la ville (partie 2) », FrancVert, Été 2009, Vol. 6, No. 2 http://www.francvert.org/pages/62articlesco2kyotoetnous2.asp

« Lundi sans viande » à l’honneur

Au fait, jeudi dernier a eu lieu la remise des Phénix de l’environnement 2011 et le Mouvement québécois Lundi sans viande a réussi à se tailler une place parmi les trois finalistes de la catégorie « Consommation responsable ». Nous en profitons pour saluer et féliciter toute l’équipe!

Et vous? Participez-vous à ce mouvement?

Lucie

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