Le deuil, comment être à l’écoute de soi

-par Claudine Blier

« Cette nuit, alors que je dormais profondément, je me suis réveillée en sursaut avec un tel sentiment de panique intérieur que j’en avais le souffle coupé. J’avais un serrement à la poitrine, des tensions partout dans le corps, la respiration très courte. Bien que cette sensation ait été de courte durée, elle était vive et intense. J’ai eu à travailler fort et consciemment pour me calmer et réussir à retrouver le sommeil. J’y suis parvenue, mais mon sommeil était plus agité.

Cette agitation cachait une peur.  Vous savez, le genre de peur qui se loge tout au fond de la cage thoracique. Au départ, je n’ai pas voulu y accorder trop d’attention, car mon objectif premier était de dormir. Je cherchais à avoir une bonne qualité de sommeil pour bien performer au cours de ma journée de travail. J’ai porté mon attention ailleurs, mais la sensation est toujours là, bien tapie tout au fond de mon être. Elle est moins virulente, certes, mais toujours là.  J’avais cette boule dans la poitrine qui me suivait dans ma nuit, à mon réveil, et pendant ma journée de travail.

En conduisant, un mot fait surface dans toute sa force.  Il me crie à l’oreille « VIDE!! ». Il résonne tellement fort que je m’arrête sur le côté de la route et je le note. En formant les lettres sur le papier, je suis surprise et émue à la fois. Ce mot « VIDE!! » soulève énormément de choses en moi. À partir de ce mot, je relie ce sentiment qui m’habite actuellement à ce même sentiment de vide qui m’habitait quand j’étais petite et qui m’a suivie sournoisement une bonne partie de ma vie. Il correspond au vide ressenti de vivre dans une autre famille que la mienne, à ce vide relationnel qui est installé depuis longtemps.

Comme ce sentiment me fait souffrir, je n’y ai pas porté attention très souvent dans ma vie. Au contraire, j’ai essayé de faire comme si je ne le vivais pas, je l’ai repoussé, caché, ignoré.  Aujourd’hui, par contre, c’est très différent. De le voir apparaître sur papier m’amène à y être sensible, à l’accueillir sans vouloir m’en défendre. Ce sentiment de vide est bien là, je le sens, c’est comme s’il respirait avec moi.

En ce moment même, je sais que je vis ce sentiment de vide parce que « Maman de la campagne » est décédée. Je touche au manque de la relation parce que oui, la relation est bel et bien terminée sur le plan physique. Je ne pourrai plus la voir, lui parler, essayer de la consoler quand elle pleure, lui tenir la main, me noyer dans ses yeux bleus, voir son beau sourire, me nourrir de sa fierté de me voir et sa fierté de me présenter comme sa fille.

Je suis heureuse de pouvoir mettre des mots sur ce vide, de le mettre en lumière, de pouvoir nommer les manques relationnels tout autant que les bons moments relationnels. Je ne peux rien changer au passé, je ne peux rien prédire du futur. Ce que je sais, c’est que dans l’ici-maintenant, je peux choisir de changer ma trajectoire. En couchant ces mots sur papier, je réalise que dorénavant, ce vide est bien rempli, qu’il a besoin de douceur, d’attention, de bienveillance. Il a besoin d’exister pour devenir plus léger. En me criant à l’oreille, il m’a simplement demandé de m’occuper de lui. Ce vide rempli me sert aujourd’hui de trampoline pour mieux rebondir. »

Oui, c’est correct d’avoir de la peine, d’être triste, de vivre un chaos et de la confusion à la mort d’un être cher. À mes yeux, ce qui n’est pas aidant, c’est de faire comme si rien n’était. Se permettre de vivre nos émotions, c’est être respectueux envers soi-même et envers la personne décédée.

Si vous souhaitez vous offrir de Petites « Douces Heures » en mémoire de toi, je vous invite à vous inscrire à mon atelier, qui aura lieu du vendredi 29 novembre au dimanche 1er décembre prochains au Spa Eastman.

Au plaisir de vous rencontrer !

Chaleureusement,

Claudine Blier

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