Pourquoi tout ce débat sur l’alimentation cétogène ?

cetogene, keto

-Par Jean-Yves Dionne, pharmacien et conférencier

Dans les médias, des experts s’élèvent contre les approches alimentaires faibles en glucides. Ces experts se basent sur des études pour nous alerter contre tous les maux causés par ce mode alimentaire « dangereux ».

Pourtant, d’autres experts, en se fiant sur d’autres études, nous vantent les mérites de la restriction des glucides. Ces derniers nous parlent de perte de poids efficace et durable, entre autres chez des obèses qui n’avaient jamais réussi à perdre de poids. Ils signalent également des cas de diabète de type 2 renversé, d’hypertension résolue, d’épilepsie sous contrôle, de maladies inflammatoires et arthritiques éliminées, etc.

D’où viennent donc ces positions diamétralement opposées? Comment se fait-il que des « études » puissent aller en sens inverse l’une de l’autre?

En fait, avant de s’intéresser aux études, il est bon de s’intéresser aux gens. L’alimentation est primordiale à la vie, c’est vrai, mais elle est bien plus qu’un simple besoin. Il s’agit aussi d’un comportement émotionnel qui trouve ses liens très loin dans la psyché. On ne peut pas dissocier le fait de manger de certaines émotions profondes. Notre relation avec les aliments est intimement liée avec notre identité. C’est pourquoi il est si difficile de changer, et surtout tellement agressant de se faire dire que ce qu’on fait pourrait être mal…

Nous avons été manipulés

Nous avons été littéralement endoctrinés à penser que le gras est mauvais pour la santé grâce aux efforts d’un puissant lobby des fabricants de sucre. En effet, depuis les années 1950, et plus particulièrement durant les années 1960 (O’Connor), ce lobby a commandité des études pour « démontrer » que le gras est mauvais et que les glucides sont bons pour la santé. Ils ont réussi à soudoyer des chercheurs (McGandy) qui ont publié, en 1967, une étude qui a fait époque et a polarisé le débat pour toujours.

Et quand on a appris une certaine façon de faire, il est difficile de changer, même lorsqu’on est confronté à des faits troublants. Cela fait 50 ans qu’on se fait dire que les gras sont nocifs, qu’on se fait vendre des produits faibles en gras (et riches en glucides) qui sont supposés être tellement meilleurs pour notre santé. Les professionnels de l’alimentation qui pratiquaient durant les années 50 ne sont plus là pour nous rappeler ce qui se faisait avant ces années fatidiques. Pourtant, les faits sont là pour nous pousser à remettre en cause certains dogmes alimentaires.

Notre santé ne s’est pas améliorée

Depuis la publication des différents guides alimentaires ayant enchâssé ces préceptes que les glucides sont bons et les gras mauvais, force est de constater que la société ne va pas bien.

  • Le pourcentage de diabète a augmenté au point où près de 1 Canadien sur 3 est diabétique ou prédiabétique (Rosella).
  • L’obésité a triplé chez les enfants et doublé chez les adultes entre 1978 et 2008 (ASPC+ICIS).
  • Si les guides alimentaires avaient pour but de prévenir les maladies cardiaques, on doit constater leur échec lamentable. Les maladies cardiaques n’ont pas régressé. La courbe de prévalence des maladies cardiaques n’a fléchi qu’une seule fois, suite à l’interdiction de fumer dans les lieux publics. (5)

Intérêts financiers

Il y a un autre aspect qui envenime la discussion autour des différents types d’alimentation. Plusieurs experts médiatisés sont en conflit d’intérêts. Comme les chercheurs des années 60 qui ont changé la donne avec leur étude financée par les lobbys du sucre, certaines voix contre une alimentation faible en glucides ont des conflits d’intérêts inavoués.

  • Peut-on admettre du jour au lendemain que les principes derrière sa clinique minceur sont erronés?
  • Comment reconnaitre que les aliments riches en glucides dont on fait la promotion sont nocifs?
  • Peut-on désavouer l’école à laquelle on est affilié et qui enseigne une autre façon de concevoir la nutrition?
  • Comment soutenir une alimentation meilleure pour la santé lorsqu’on on vend des médicaments pour les méfaits d’une alimentation riche en glucides?
  • Comment mordre la main qui nous nourrit…

Matière à réflexion…

Manger, un acte intime

Manger est un acte intime qui va tellement plus loin que le simple calcul des calories. La seule vraie façon de juger d’une alimentation est probablement de l’essayer soi-même et d’évaluer l’impact sur sa santé, sa vitalité, son appétit et son poids.

C’est d’ailleurs à partir de ces constats que mon alimentation a évolué au cours des années. Oui, les études et publications nourrissent ma réflexion, mais l’expérimentation personnelle demeure l’étalon à partir duquel je peux juger de l’effet de telle ou telle modification de l’alimentation. Si je mange de telle façon, suis-je en meilleur état, mon énergie est-elle accrue? Finalement, est-ce bon pour moi?

Art de vivre C’Tonique

À partir de tous ces constats je me suis impliqué dans le développement d’une semaine d’expérimentation et de partages de connaissance avec le Spa Eastman qui s’appelle ART DE VIVRE C’TONIQUE. Cette formation comprend le meilleur de l’approche ancestrale, grâce à Veronica Kaczmarowski qui nous transmet joyeusement son savoir lors des démonstrations culinaires ainsi que tout les avantages de la cuisine anti-inflammatoire de la Cuisine ToniqueMC. C’est une façon de cuisiner et de manger, loin des dogmes et des écoles de pensée à la mode, qui est goûteuse et saine. Apprenez-en davantage lors de cette retraite du 13 au 20 mars prochain.

C’est un art de vivre que mon corps reconnait, un plaisir renouvelé de manger sans culpabilité des aliments dont la provenance est établie et dont les qualités de production sont reconnues.

C’est un art de vivre qui fait du bien.

Références

  1. O’Connor A. How the Sugar Industry Shifted Blame to Fat. New York Times 12 sept. 2016, https://www.nytimes.com/2016/09/13/well/eat/how-the-sugar-industry-shifted-blame-to-fat.html
  2. McGandy RB, Hegsted DM, Stare FJ. Dietary fats, carbohydrates and atherosclerotic vascular disease. N Engl J Med. 1967 Aug 3;277(5):245-7 concl. Review. PubMed PMID: 5339699.
  3. Rapport conjoint de l’Agence de la santé publique du Canada et de l’Institut canadien d’information sur la santé, 2011. https://secure.cihi.ca/estore/productSeries.htm?locale=fr&pc=PCC574
  4. Rosella LC, Lebenbaum M, Fitzpatrick T, Zuk A, Booth GL. Prevalence of Prediabetes and Undiagnosed Diabetes in Canada (2007-2011) According to Fasting Plasma Glucose and HbA1c Screening Criteria. Diabetes Care. 2015 Jul;38(7):1299-305. doi: 10.2337/dc14-2474. PubMed PMID: https://care.diabetesjournals.org/content/38/7/1299
  5. https://www.canada.ca/en/public-health/services/chronic-diseases/cardiovascular-disease/tracking-heart-disease-stroke-canada-stroke-highlights-2011.html

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