« Miroir, que faire? »
Par Luc Breton
Analyste en comportements vestimentaires
Vous commenciez enfin à vous habituer à vos robes soleil, les bras et les épaules dégarnis, aux pantalons courts, aux sandales, aux cheveux dans le vent. Sournoisement, Miss météo, messagère des bonnes et moins bonnes nouvelles, prévoit du gel au sol la nuit prochaine. Fin de la récréation.
« Était-ce hier ou la semaine dernière? » vous demandez-vous.
- « Mais non, c’était l’an passé », réplique la petite voix assassine qui s’élève chaque automne.
Un an déjà, six mois, voire trois pour certains d’entre nous, que la sempiternelle question est réapparue : « Miroir, qu’est-ce que je vais faire? »
Flanqué devant la glace, presqu’immobile, seul votre œil dubitatif s’agite et vous transmet les doutes sur votre morphologie, vos angoisses même.
«Depuis un an, mon corps a allongé. Impossible! On dirait plutôt que j’ai rétréci.»
« Ma peau? Plus flasque? Mes yeux? Plus cernés?»
«Ciel, comment vais-je me vêtir cet automne, cet hiver, et à -40 en février?»,
Biorythmie, questionnement saisonnier, déprime de fin d’été? Quelles sont les causes de ce derby de démolition devant votre image corporelle et cette vision délétère de votre image visuelle? Qui des deux s’est pointé le premier, l’œuf ou la poule? Le corps ou le vêtement? Vases communicants, transferts et contre transferts d’émotions et de sentiments. Cessez vos cris d’orfraie et retrouvez vos marques. Entre seigneurs d’élégance et nymphettes, où vous situez-vous? Comment résilier son bail avec l’image déformée de soi? Comme l’écrivait Benoîte Groult, il faut « Inventer de nouveaux comportements ».
Questions : Afin de diagnostiquer votre état d’esprit avant d’entreprendre une démarche vestimentaire pour la nouvelle saison.
1. Quel est selon vous, l’élément déclencheur de vos questionnements (en rapport à vos choix vestimentaires) ?
2. Quel est le point fort de votre personnalité sur lequel vous pouvez miser pour construire ou valoriser votre allure, spécialement pour un changement de saison?
J’attends avec impatience vos commentaires, vos histoires et vos suggestions.
Luc
*****

22. sept, 2011 



















Bonsoir Luc
Pour moi le déclencheur face a mes choix vestimentaire est l’insécurité émotionnel. Quand je me sens en équilibre sure de moi la petite voix se fait passablemnet discrète.Je pense que je peux miser sur mon audace pour aller au delà de
J’aime beaucoup le petit détail qui fait que…
Bonne soirée
france
Bonjour France
Je vous propose de lire:
Boutin Claude, J’ACHETE (TROP) ET J’AIME ÇA, Les Éditions de l’homme, 2005
Ce thérapeute québécois analyse différents profils de personnes en lien avec le magasinage, certes, mais aussi selon les émotions et sentiments qui nous habitent face au regard des autres.
Bonne lecture!
Le changement de saison, c’est un moment pour faire des choix, je trouve que ça fait du bien. On range les vêtements d’été, redécouvre des morceaux oubliés. L’automne, on se couvre un peu, c’est la saison où l’on sort plus d’accessoires, foulards, gants, chapeaux. On s’enrobe, on peu se camoufler les défauts, se mettre en valeur en superposant des couches. Il me semble que c’est plus facile de passer de l’été à l’automne que du printemps à l’été, c’est plus facile d’ajouter des morceaux que d’en enlever, mon petit côté pudique…Le changement de saison, c’est comme si on s’achetait de nouveaux vêtements, pour moi, c’est une période de renouvellement.
Élaine,
Vous expliquez bien votre état d’esprit face à la nouvelle saison mais je dénote une dichotomie :«…se mettre en valeur en superposant des couches…«on s’enrobe, on peut se camoufler les défauts…». Est-ce uniquement de la pudeur?
C’est vrai qu’un nouveau vêtement peut soulever une piste inattendue dans la façon de se percevoir. Ouvrir des portes sur une manière différente d’exprimer qui nous sommes dans le monde. Ce nouveau vêtement peut apporter de la joie, parce qu’il souligne notre goût du renouveau ou celui de surprendre. La résilience, cette faculté de rebondir, de retomber sur ses pattes s’exprime dans le vêtement acheté et choisi. La coupe de cette blouse à laquelle nous n’aurions pas pensé attise notre créativité, les motifs et les couleurs d’un tissu peuvent amuser notre œil, donc notre cœur. Ce nouveau manteau signale que nous sommes toujours dans la course de la saison qui commence ou dans l’action en cours dans la société.
Une réflexion sur ces sujets rendraient certainement plus conscients mes comportements en cette matière. Souvent je ne réalise pas les pourquoi derrière l’achat d’un vêtement. En effet pourquoi acheter cette jupe qui ne me plaît pas pour aller travailler? Ou pourquoi acheter un vêtement lorsque je ne dispose pas d’assez de temps pour magasiner? Achète-t-on un vêtement pour oublier que nous le portons? Je ne connais pas vraiment le point fort de ma personnalité pour construire ou valoriser mon allure, mais je me doute que cela a un lien avec tenter de tenir ou non les rennes de sa vie.
Esther,
«La coupe de cette blouse à laquelle nous n’aurions pas pensé attise notre créativité, les motifs et les couleurs d’un tissu peuvent amuser notre œil, donc notre cœur».
De la poésie à mes oreilles.
«Achète-t-on un vêtement pour oublier que nous le portons?»
Peu de mots mais bouleversant.
Merci d’apporter un regard si différent et si beau à ce travail que j’essaie de professer.
Bonjour Luc,
je viens d’opter pour un nouveau look , coupe de cheveux et nouvelle couleur , lunettes avec un look jeune et qui ajoute un plus à mon apparence, et je pense que suite à ton atelier ,
je réalise qu’osez sera mon mot du jour , mais osez avec un oui du coeur , notre intuition nous guide naturellement vers de bons choix,
me faire confiance et résister devant la crème glacée pour retrouver une taille plus fine …….le secret c’est d’aimer ce que je vois de moi sans vêtements , après je saurai mieux habiller mon corps.
Voilà mon partage.
Monique
Monique
La dynamique du regard porté sur son corps est la base de la plupart des commentaires émis dans de mes ateliers. La perception erronée de son corps ne peut qu’entraîner de mauvais choix de tenues.Le corps et le vêtement deviennent indissociables. «Le nu se porte mal».
«Le vêtement poétise le corps», Cocteau