Vieillir… ? ou rétrécir ?

Jocelyna Dubuc

– par Jocelyna Dubuc

J’ai récemment eu le plaisir d’avoir un entretien avec Claudie Pfeifer, éducatrice somatique et fondatrice de la méthode Emballons-nous. Claudie, qui a récemment lancé un blogue autour de la thématique « Vieillir sans rétrécir », voulait entendre mes réflexions à ce sujet.

Puisque les paroles s’envolent mais les écrits restent, voici l’essentiel de mon propos…

Vieillir sans rétrécir… est-ce possible ?

Qu’on le veuille ou non, à partir de 50 ans, le corps commence à changer. Le dos va peut-être se courber un peu. On ne s’en rend pas vraiment compte au début. Mais un jour, on réalise qu’il faut faire quelque chose, sinon le corps vieillit trop vite. Il faut s’en occuper.

Ici, je ne veux pas dire qu’il faut tout à coup passer trois heures par jour dans un gym. Pas du tout. Mais il faut développer une conscience corporelle, afin de donner au corps ce qui lui fera du bien :

  • Diminuer le stress.
  • Apprendre à lâcher prise malgré ce qui nous arrive.
  • Apprendre à « être avec » ce qui nous arrive, sans se crisper constamment.

Dans la zone de thermothérapie du Spa Eastman, j’ai vu cent fois des clients hésiter avant de plonger dans l’eau froide en sortant d’une session de chaleur au sauna. Ils trempaient leur orteil à l’eau et grimaçaient, crispés, juste à l’idée de s’imaginer à l’eau. Pourtant, lorsqu’on accepte d’entrer dans le froid sans résister, un état de bien-être immense s’installe.

« Rétrécir », je pense que c’est résister à ce qui nous arrive. Et ça commence dans la tête. Cet exemple de laisser couler son corps dans l’eau froide sans résister, c’est l’image qui illustre bien la vie pour moi. C’est un beau parallèle avec le processus de vieillissement.

Et nous allons tous vieillir. C’est comme ça. On est tous dans cet immense chemin. Et personne ne l’a jamais fait avant. La vie est faite comme ça. Depuis notre tout premier jour d’ailleurs, on ne sait pas ce que sera le prochain pas.

C’est tout un art d’apprendre à se laisser couler là-dedans, sans résister. Alors je crois qu’il faut se doter d’outils pour que ça se passe bien.

Mes trois piliers

1. Développer des approches physiques.

Il faut développer une conscience corporelle pour arriver à ne pas toujours être en résistance. Car cette résistance commence tôt. Songez seulement à la manière dont certaines personnes agrippent leur volant en conduisant ; on dirait qu’elles sont sur le point de s’envoler! Est-ce qu’on peut faire ça autrement ? Comme le dit Claudie avec sa méthode Emballons-nous, est-ce qu’on ne pourrait pas danser avec nos gestes du quotidien ? Danser dans le mouvement de passer la balayeuse, de laver la vaisselle, danser dans notre mouvement de marche, et enfin goûter l’instant en calmant notre folle du logis ! Pour ma part, que ce soit avec les méthodes Emballons-nous ou Essentrics, ou avec le yoga, la pratique d’activités physiques dans mon quotidien est essentiel et m’aide à développer ma conscience corporelle.

2. Manger pour ne pas rouiller !

Il n’y a pas de formule magique, pas de formule unique, mais essentiellement, si on veut que le corps fonctionne bien, il faut lui donner une nourriture de qualité. Personnellement, j’ai fait des choix, et pour moi, et pour l’entreprise. Les plats sont préparés en utilisant des céréales telles le millet, le sarrasin, le quinoa germé ; pas avec le blé, et pas avec des céréales génétiquement modifiées. Nous utilisons du lait d’amande et des laits de noix, plutôt que du lait de vache. Et nous cuisons les viandes à basse température.

Ainsi nous avons créé un la Cuisine ToniqueMC, en partie inspirée des travaux du Dr Seignalet , et complétée avec des lacto-fermentations, des germinations, etc. La Cuisine ToniqueMC ne crée pas d’inflammation dans le corps.

Prenons un exemple très commun. Qui n’a pas déjà eu les pieds enflés à la fin d’un repas. On enlève nos talons haut sous la table en cachette et puis hop ! à la fin du repas, on peine à y glisser nos pieds. Est-ce qu’on a engraissé des pieds durant le repas ? Bien sûr que non. Mais on a un peu enflé, d’un peu partout.

Cette inflammation qui « crée de la rouille » dans le corps, disons-le comme ça. De façon majeure. Elle crée du vieillissement, inutilement et rapidement. Et voilà qu’apparaissent arthrite, arthrose, tendinites, bursites et compagnie. Est-ce qu’on peut se donner une cuisine qui, naturellement, ne crée pas cette inflammation ? Oui. Bien sûr, le processus de vieillissement sera toujours là. Mais les douleurs qui y sont associées vont disparaître. Et on pourra alors se sentir en forme, dans le respect de notre âge.

Des brûlures d’estomac, des maux de tête matinaux… ça, ça nous fait rétrécir !

3. Connaître ses émotions.

On ne se rend pas compte à quel point on tourne en rond dans nos pensées. Il y a un livre qui m’aide beaucoup : « Rien ne va plus tout est possible » de Denise Noël . C’est une approche très branchée sur le ici et maintenant, et cela nous donne des outils pour nous rapprocher de nous-mêmes. Cette approche nous aide à démasquer nos mécanismes. Ça demande un certain regard et il faut prendre le temps de se questionner.

L’auteur, Denise Noël, a aussi un blogue . Les exercices qu’elle propose, dans ses livres comme dans son blogue, m’aident beaucoup. Consultez son blogue ici.

Réussir son vieillissement

C’est possible mais cela n’arrive pas par hasard. Peut-être que certains ont un vieillissement naturel facile… mais ce n’est généralement pas ce qui arrive.

J’ai 71 ans. Vieillir bien, c’est une démarche qui demande de la conscience, de l’acceptation, et qui demande de « bouger avec ». Cela fait partie des étapes de la vie. Cela demande de s’habiter de plus en plus. Même si on ne sait jamais ce qui nous attend demain.

J’entends souvent des gens dire « Justement, il faut en profiter, il faut se gâter! » Dans les fait, le « gâter » n’est vraiment pas adéquat. Parce qu’en bout de ligne, il y a une facture terrible à payer.

Si on peut éviter des moments désagréables du vieillissement, pourquoi s’en priver?

Je n’aime pas nous comparer à une auto mais c’est vraiment comme si on parlait de bien entretenir sa voiture. Il faut mettre la bonne essence… même si on a une Porsche ou une Ferrari, il faut avoir la bonne essence, les bons pneus, entretenir la carrosserie… puis avoir du plaisir à la conduire !

N’attendons pas de tomber en panne !

Si le cœur vous en dit, je vous invite à prendre un petit moment de pause pour écouter cet échange, qui se déroule de façon spontanée et intimiste.

* Cuisine Tonique est une marque de commerce du Spa Eastman

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